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Communiqué du Collectif PAP

 « Législateurs, n’ayez pas peur du paysage ! »  

Le Sénat vient d’adopter en première lecture le projet de loi visant l’«accélération de la production des énergies renouvelables». 

Ce projet s’inscrit dans un contexte.
Grands ensembles, entrées de ville, panneaux publicitaires, lotissements formatés, arasement des haies, infrastructures de transport aux tracés strictement technologiques, nos concitoyens sont lassés des transformations successives qui ont fait de leur cadre de vie un capharnaüm incompréhensible.
Plus récemment, ils ont été échaudés par les implantations opportunistes des éoliennes de première génération. C’est pourquoi ils font de la qualité paysagère le principal argument pour s’opposer à l’implantation des dispositifs de production d’énergies renouvelables. Or, le projet de loi ne cite que deux fois, dans le titre consacré au photovoltaïque, le terme paysage, comme si ce terme faisait peur et qu’on ouvrait une boîte de pandore en l’évoquant…  

Loin d’être une posture conservatrice ou nostalgique, ou encore un supplément décoratif et souvent dérisoire aux dispositifs à implanter, l’approche paysagère de la transition énergétique peut constituer au contraire un moyen efficace pour faire adhérer nos concitoyens à ce processus nécessaire et, mieux encore, pour solliciter leur participation inventive aux projets correspondants. Cette approche paysagère a été expérimentée avec succès dans de nombreux territoires : elle fonde la démarche des « centrales villageoises » et constitue, de plus en plus souvent, une dimension essentielle des projets de « Territoires à énergie positive » (TEPOS) désormais nombreux sur l’espace national. Elle se développe enfin avec force dans le cadre des plans paysage-transition énergétique soutenus par l’ADEME depuis trois ans.  

L’absence contre-productive de toute mention de ces démarches dans les premières phases actuelles du travail législatif sur les énergies renouvelables nous semble avoir une double origine, très ancrée dans les traditions de nos politiques publiques :

– Une tradition centralisatrice et descendante. Si l’Etat (donc la Loi) est légitime à fixer des objectifs et des méthodes, il doit reconnaître aux territoires la capacité d’initiative qui leur permettra de conjuguer ces objectifs et ces méthodes aux configurations géographiques et historiques locales, donc à ces paysages dont la diversité fait notre richesse ; il doit même susciter et encourager cette capacité.

– Une tradition de verticalité des politiques nationales, que le projet de loi illustre une nouvelle fois par son architecture même, en traitant l’une après l’autre et non en complémentarité, les différents types de sources d’énergies renouvelables, et ne faisant nulle part mention de la nécessité de conjuguer cette production avec les indispensables économies et avec l’impérative efficacité énergétiques : sur le terrain, ces trois dimensions ne sont pourtant jamais dissociées.  

Le processus législatif se poursuivant, il est encore temps d’infléchir cette double tendance. Le collectif PAP propose deux mesures complémentaires comme autant de jalons paysagers vers une transition énergétique désirable:  

1. Introduire au début de la loi un article de principe qui inscrirait les mesures techniques proposées dans un processus d’ancrage territorial et paysager de la transition énergétique. Ce pourrait être une formule comme « La présente loi détaille des mesures propres à faciliter une implantation harmonieuse et concertée des dispositifs de production des énergies renouvelables dans le cadre d’une évolution qualitative et diversifiée des paysages français ; ces implantations seront accompagnées sur ces mêmes territoires de mesures appropriées d’économies d’énergie et d’accroissement de l’efficacité énergétique ».  

2. Introduire dans ce même titre, un dispositif qui permette la prise en compte adéquate du paysage dans les instruments de planification territoriale de la transition énergétique, les plans climat, air, énergie territoriaux (PCAET). Ceux-ci doivent décliner dans les intercommunalités à fiscalité propre de plus de 20 000 habitants (et peuvent le faire dans les autres), les orientations climatiques et énergétiques contenues dans les Schémas régionaux de développement durable et d’équilibre des territoires (SRADDET). Il serait donc proposé de fonder les PCAET « sur les caractères (les lignes de force), structures (bocage, terrasses, boisements…) et éléments de paysage (clocher, arbre remarquable…) [du territoire] ».  

Accompagnés d’encouragements et de soutiens financiers nationaux aux territoires qui ont déjà mis en application de tels processus (visite ministérielle, mise à l’étude annoncée d’un label d’Etat…), une telle inflexion démontrerait que loin d’être un frein à la transition énergétique, l’approche paysagère peut en être un puissant accélérateur !    

  Lire le communiqué sur le site internet PAP  

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